Création      

 

en référence à maitre Soo Dong Chen et Nicolas Ivanovitch

 

 

 

Propos de  Me Soo Dong Chen,  recueillis dans la revue (arts et combats) 1995

 

 

A propos des arts martiaux à travers les différentes époques dans le monde.

 

Les applications des arts martiaux en temps de guerre et de chaos sont des applications de techniques de combat

dont le but est de survivre à des situations extrêmes.

 

Il fallait donc utiliser autrefois des techniques très efficaces ou mourir. Pour cela, dans les temps anciens, on se servait de techniques évolutives.

Il  s’agissait d’applications et de changements de direction, en attaque comme en défense, en tenant compte de la connaissance de soi-même

et de celle de l’adversaire.

 

En effet , on n’est jamais seul pour combattre et les souhaits de l’adversaire sont très importants.

 

Cela devient un système  positif de pensée et de défense, car on prend en compte, en globalité, l’adversaire et soi-même.

 

Pour avoir la base d’une doctrine rationaliste et innovatrice, il faut exclure l’illusion à sens unique  qui consiste à gagner                à tout prix.

Il faut garder à l’esprit ce qui est primordial (à sa survie) : l’évolution, les changements de direction, l’image de la régénération

(un mouvement en génère un autre).

 

On peut dire que les arts martiaux, en temps de guerre constituent une étude globale comprenant les théories sur les lois, les techniques

et la stratégie. Ce sont des études qui dépassent les époques, les régions, et les races dans un unique but , la survie.

 

L’idée d’origine des arts martiaux n’est pas la conservation de l’Ego ni l’attachement aux techniques, ni la persistance des écoles et des styles.

L’essence des arts martiaux est la recherche de techniques et un changement du mode de pensée.

 

C’est un système applicable, donnant des possibilités de changement et suivant des formes évolutives cohérentes.

 

 

Les arts martiaux traditionnels.

 

En temps de paix et de stabilité, les arts martiaux se perpétuent au travers des écoles.

Celles-ci  les maintiennent grâce à un système de conservation. Ce système est un mode de pensée exclusive et féodale,

ne permettant pas les changements et les réformes. Son but est le maintien des formes de ces écoles dans une logique conservatrice.

 

Etant une doctrine autoritaire et fermée, seule compte sa propre école et il n’y a pas d’objectivité vis-à-vis des autres écoles.

 

En conséquence, les théories difficiles et les techniques secrètes ne restent que des souhaits.

Le sujet principal est le maintien de la technique et la pérennité des écoles.

 

Les techniques des écoles qui ne sont pas applicables ne sont pas des techniques.

 

Il a donc été créé les combats conventionnels afin de protéger ces formes et de ne pas les perdre.

 

Les techniques de haut niveau et les principes ultimes sont un moyen de cohésion du groupe mais ne se révèlent pas à l’extérieur

afin de protéger les secrets de l’école et sa survie.

 

Bien qu’à notre époque, la transmission des informations et la communication aient atteintes un haut niveau de technicité, paradoxalement,

notre société se replie sur elle-même.

 

 

ARTS MARTIAUX MODERNES

 

 L’administration des arts martiaux a suivi une forme de pensée occidentale basée sur la division des styles et des techniques

(exemple : judo, Karaté…techniques simplifiées et codifiées). Le but est de former, de développer et d’éduquer l’être humain,      ce qui revient à réglementer et diviser les groupements. On divise pour gérer les organisations.

 

Dans la concentration d’un pouvoir totalitaire, il y a tendance naturelle à créer des classes d’après un système de pensées réglementées, ceci vient de la propension à tout diviser en actions limitées et à simplifier les techniques divisées. La gestion en division des arts martiaux est en marche. Il y a une pensée commune car il y a un  point de vue commun et un unique mode d’emploi.

 

On constitue les arts martiaux modernes en les adaptant et en les faisant coïncider avec l’organisation sociale, de ce fait, le monisme de la pensée, de la fixation de l’idée, de l’institution de la forme, des techniques directes etc, a fait que les arts martiaux  modernes se sont vulgarisés et que les compétitions se sont développées.

 

 

SPORTS DE COMBAT

 

 

                               Dans l’optique de la compétition, on pose le problème d’une technique par rappport à un résultat.  

                               Le but est de combattre pour gagner. C’est un système de pensée basé sur la voie de la suprématie

                               qui néglige la nature humaine et la pensée naturelle.

 

 

La doctrine de la suprématie subjective est la base de la loi du plus fort, ce qui est une manière de penser négative.

L’évolution de la force n’est ni permanente ni totale ( régression avec l’âge).

Si l’on a tendance à opposer la force à la force, la logique veut que les plus faibles perdent.

 

Dans les sports de combat, deux idées sont autorisées : perdre ou gagner, alors que dans les arts martiaux, une seule est autorisée : ne pas perdre.

 

Les idéogrammes de Bujutsu donnent l’image d’arrêter une lance, donc la possibilité d’arrêter le combat avant qu’il ne s’engage.

Par contre, si l’on engage le combat, il ne reste qu’une solution : gagner (perdre signifierait la mort).

Les sports de combat donnent un sentiment de puissance, ce sont des batailles où l’on n’a pas le choix de ne pas combattre,

de ne pas perdre, etc…de plus » fort ou faible », « gagner ou perdre », » être invincibles », sont des illusions à sens unique…

 

 

LES ARTS MARTIAUX PAR MIMETISME

 

A la suite de la deuxième guerre mondiale, d’après une doctrine commode de conciliation entre l’Orient et l’Occident, les arts martiaux sont devenus un système de distraction qui a pour centre l’Ego.

Le but en est la diffusion au grand public. Il s’agit alors seulement de mimétisme des arts martiaux.

 

On peut parler de système éducatif ou la distraction du client est le plus important. Arts martiaux égalent « marchandise ». Doctrine égoïste où la relation entre l’offre et la demande prime, la base de ces arts martiaux est de suivre les courants de l’époque (mode). Il y a une tendance à se conformer au grand public en primant jeux, sensations faciles et esthétisme.

 

Pour consommer de la distraction, il faut se trouver une occupation que l’on aime (il s’agit là d’une monomanie de la satisfaction de l’Ego). Avoir seulement un désir et une connaissance superficiels ne donneront pas la possibilité de comprendre l’essence des arts martiaux.

 

Quelles sont les différentes  classifications.

 

                1 Bujutsu : les arts martiaux traditionnels de guerre sont applicables.

                2 Bugei : les arts martiaux traditionnels sont conservateurs.

                3 Budo : les arts martiaux modernes sont séparés en spécialisations.

                4 Les techniques des sports de combat sont adaptées pour la compétition.

                5 Les arts martiaux de mimétisme sont des arts de distraction.

 

Par conséquent, il faut analyser le nom de l’art martial, son but, sa philosophie, ses formes, sa nature et sa tendance, de façon objective. Il est très important de faire un choix qui amène vers une progression.

 

Maître Soo Dong Chen

 

présentation  de l'ouverture    

 

et d'une séquence de la forme fluide

de Ta¨-chi chuan

 

(qui en comprend 44 avec la fermeture )